Rapport de L’Afssa :
risques et bénéfices pour la santé des AG trans apportés par les
aliments : recommandations du 4 avril 2005 et communiqué de presse.
L’Afssa a procédé à
une évaluation des risques et bénéfices pour la santé des A.G trans (acides
gras trans possédant des doubles liaisons entre atomes de carbone trans
à la différence des acides gras cis (AGPI : acides gras
polyinsaturés qui possèdent des doubles liaisons cis) apportés par les
aliments et propose des recommandations.
L’Afssa rappelle que les acides gras n’ont pas tous les mêmes effets sur notre
corps : certains acides gras sont dits « essentiels » et doivent être apportés
par notre alimentation, (Omega 3 & 6) car ils sont nécessaires à l’organisme alors que
celui-ci ne sait pas les synthétiser. Les autres acides gras, acides gras
saturés et acides gras trans ont des effets néfastes sur la santé s’ils
sont consommés en trop grande quantité.
Il est précisé que la consommation des AG trans à des niveaux qui dépassent
2% de l’apport énergétique total est associée à une augmentation significative
des risques de maladies cardio-vasculaires.
>> La première source d’AG
trans (mauvais acides gras) est représentée par le lait et les produits laitiers.
>> La deuxième source est constituée par les viennoiseries, pâtisseries, biscuits
et autres produits de panification qui contiennent des quantités souvent
importantes de graisses cachées d’origine « technologique » (margarines
industrielles ou shortenings).
L’étude INCA (enquête
individuelle et nationale sur les consommations alimentaires - 1999) a montré
que la consommation d’AG trans est notamment trop élevée chez les jeunes
garçons, en particulier entre 12 et 14 ans.
Les recommandations de
l’Afssa pour limiter la surconsommation d’AG trans sont les suivantes :
- De réduire de 30% au moins la consommation d’aliments forts contributeurs d’AG
trans et de faible intérêt nutritionnel comme les viennoiseries, les
pâtisseries, les barres chocolatées, les biscuits, etc.
- De ne pas diminuer les apports en lait et en produits laitiers compte tenu
des besoins en calcium de la population mais de préférer les produits
demi-écrémés ou écrémés.
- De fixer des teneurs maximales en AG trans dans les produits où ces
teneurs peuvent être maîtrisées techniquement : dans les graisses visibles
(huiles de table, margarines) et dans les produits qui contiennent des
quantités importantes de graisses cachées d’origine technologique tels que les
viennoiseries, les barres chocolatées etc.
- De mentionner, dans le cas où l’étiquetage nutritionnel serait rendu obligatoire,
la teneur en AG trans des produits alimentaires fortement contributeurs.
Cet étiquetage permettrait aux consommateurs d’adapter leur consommation aux
recommandations et inciterait les professionnels à porter une attention
particulière aux AG trans.
Sur la prise en compte de tous les AG trans :
Contrairement à d’autres instances, l’Afssa a choisi de tenir compte de tous
les AG trans y compris les CLA (isomères conjugués de l’acide
linoléique) et les AG trans d’origine animale, dans ses recommandations.
L’Afssa précise que les études scientifiques actuellement disponibles ne
permettent pas de différencier plusieurs catégories d’AG trans en
fonction de leur effet sur la santé.
L’Afssa estime également que l’introduction spécifique de certains mélanges de
CLA dans l’alimentation de l’homme n’est pas justifiée, que ce soit sous forme
de compléments ou sous forme d’ingrédients alimentaires.
L’Afssa souligne l’intérêt de poursuivre la réflexion sur l’impact des
différentes pratiques traditionnelles d’élevage sur les teneurs en AG trans des
produits d’origine laitière destinés à la consommation humaine qui peuvent varier
du simple au triple.
Les AGPI (Acides gras polyinsaturés type Omega 3 & 6) possèdent
plusieurs doubles liaisons d’atomes de carbone, ce qui en fait des graisses
très fluides (c’est ainsi que les poissons des mers froides qui consomment les
oméga 3 par les algues, le plancton et les insectes résistent aux basses
températures grâce à
la fluidité de leurs membranes). L’absorption de tels acides gras par l’organisme
humain permet également une meilleure fluidité membranaire et ainsi un meilleur
échange entre la cellule et son environnement.
En effet si la paroi de la cellule est trop rigide , la cellule devra alors
consommer plus d’énergie pour fonctionner, produisant ainsi des radicaux libres
signes de vieillissement et (ou) d’intoxication.
La sélection naturelle a favorisé les oméga 3 dans les neurones. Les oméga 3
sont en réalité composés d’acide alpha-linolénique (ALA), précurseur des oméga
3 (acide linoleique pour les oméga 6), qui pour être transformé en oméga 3 c’est-à-dire
en acides gras DHA et EPA (docohexanoique et eicopentanoique), a besoin d’une enzyme
delta déssaturase, qui est dans le corps humain, mais disparaît avec l’âge, le
tabac le manque de vitamine C.
Les deux précurseurs se trouvent dans les huiles végétales et certaines plantes
déjà citées (voir éditorial). Les poissons riches en oméga 3 ont fait cette
transformation, d’où l’intérêt de consommer des poissons de bonne qualité ou
des compléments alimentaires. La carence en oméga 3 est plus fréquente dans l’alimentation
occidentale, que la carence en oméga 6. Le rapport oméga 3, oméga 6 est
également important et doit être de 1/5ème pour une personne en bonne santé.
L’action
des AGPI va consister à faire baisser le taux de LDL cholestérol (mauvais
cholestérol) et augmenter le taux de HDL cholestérol avec une conséquence
positive sur les artères et le système cardio-vasculaire.
L’action spécifique des oméga 3 est anti-inflammatoire, anticoagulante,
antiallergique, antidépresseur. L’action spécifique des oméga 6 est également
antiallergique, anti-inflammatoire.
Extrait de la lettre d'information juridique et scientifique sur les
compléments alimentaires. Juin-Juillet-Aout 2005. Pour vous abonner à la lettre
au format papier, écrivez-moi !
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