• Les allergies alimentaires :
Les allergies alimentaires en augmentation, sont fréquentes dans tous les pays développés (moyenne de 3 à 4 % pour la population générale et de 8 % chez les enfants de moins de 6 ans.)
La majorité des allergies identifiées est provoquée par des aliments appartenant à 8 groupes : cacahuète, soja, fruits à coques, lait, oeufs, poisson, crustacés et blé (voir textes.)
Source : ogm.gouv.fr
Notons toutefois que l’allergie au soja est peu fréquente.
OGM et allergies alimentaires :
Il est possible que les aliments génétiquement modifiés ou issus d’OGM puissent être source d’allergies alimentaires, mais aucune étude ne permet de conclure si les aliments issus d’OGM sont plus ou moins allergisants que les aliments traditionnels correspondants.
De plus si les données préalables visant à démontrer l’innocuité donnent à penser qu’un OGM pourrait être allergisant, ce dernier n’est pas autorisé à la commercialisation.
En outre, à terme, la mise sur le marché d’aliments génétiquement modifiés, dont le potentiel allergénique est amoindri est une piste de recherche non négligeable.
Source : ogm.gouv.fr
Etiquetage et traçabilité :
Qu’il s’agisse d’aliments traditionnels ou d’OGM, la traçabilité et l’étiquetage sont deux mesures particulièrement importantes pour contribuer à prévenir les risques potentiels. Mais concernant les OGM, si le seuil d’étiquetage vise une meilleure information des consommateurs, il n’a toutefois pas été instauré pour des raisons liées au risque allergique
(NB : sur l’étiquetage et la traçabilité voir supra textes.)
Cette démarche connaît cependant des limites et doit être
couplée à un dispositif de vigilance populationnelle. L’organisation
d’un réseau de surveillance de l’impact à long terme sur la santé
publique des nouveaux aliments commercialisés (OGM et non OGM)
s’appuyant notamment sur la mise en oeuvre des principes de
traçabilité, doit permettre de détecter des allergènes peu ou pas
détectés jusqu’alors.
L’Afssa
doit procéder à l’évaluation des risques sanitaires relatifs à la
consommation de produits alimentaires composés ou issus d’OGM.
Un
réseau d’allergo-vigilance regroupant plus de 250 médecins référents en
activité, soutenu financièrement par l’Afssa, doit être à même de
signaler en temps réel l’apparition de toute nouvelle source
d’allergènes détectée sur notre territoire.
Source : ogm.gouv.fr
• Sécurité et bénéfices des phyto-oestrogènes apportés par l’alimentation :
Communiqué de presse de l’Afssa du 9 mars 2005* et synthèse du rapport*
L’ Afssa a évalué en liaison étroite avec l’Afssaps la sécurité et les bénéfices pour la santé des phyto-oestrogènes.
La
mission du groupe de travail était déterminée par une saisine de la
Dgccrf concernant l’évaluation du risque lié à la consommation répétée
et à long terme de compléments alimentaires avec : identification des
spécifications précises de ces produits, vérification des allégations
concernant les troubles de la ménopause et l’hypercholestérolémie.
Cette
mission était également déterminée par une auto-saisine du CES «
Nutrition humaine » de l’Afssa concernant les risques liés à la
consommation de produits dérivés du soja pour le nourrisson et le jeune
enfant.
L’Afssa a précisé que le terme «phyto-oestrogènes » regroupe
plusieurs molécules issues du monde végétal, de structures différentes
mais présentant une similarité avec la structure de l’estradiol (l’une
des hormones sexuelles majeures). A priori cette similarité structurale
leur donne la possibilité d’exercer un effet oestrogénique sur les
tissus cibles.
L’Afssa a encore précisé que les phyto-oestrogènes
sont associés à une image ambiguë liée tant à l’étude de leurs effets
délétères, (notamment par leur appartenance au grand groupe des «
perturbateurs endocriniens »), que de leurs effets bénéfiques
(notamment par les observations d’épidémiologie analytique menées en
Asie.)
Il est précisé que le travail d’expertise a été réalisé sur
la base de la littérature scientifique et l’audition d’experts et
d’industriels des secteurs concernés (plus de 1500 études scientifiques
publiées etvalidées ont été analysées.)
Les phyto-oestrogènes sont présents dans des denrées alimentaires variées :
certains
aliments destinés aux nourrissons et jeunes enfants préparés à base de
protéines de soja et dans les aliments à base de soja (tofu, tonyu ou «
jus » de soja, desserts à base de soja). Il figurent aussi dans les
compléments alimentaires visant les femmes ménopausées, de façon
concentrée.
Le soja constitue un aliment intéressant sur le plan
nutritionnel en dehors de la problématique des phyto-oestrogènes, quant
aux compléments alimentaires, ils doivent être considérés au regard de
leur usage frontière entre aliment et médicament.
Les familles de
molécules pouvant répondre à l’appellation « phyto-oestrogènes » en
alimentaire sont au nombre de six, mais les données de la littérature
concernent essentiellement une seule de ces familles « les isoflavones
» présentes en grande quantité dans le soja.
Les apports journaliers :
Dans
un régime occidental traditionnel n’incluant pas le soja, l’apport
journalier moyen en isoflavones dites « aglycones » est très faible,
inférieur à 1mg/jour.
L’introduction mesurée d’aliments à base de
soja dans un régime occidental augmente cet apport de 1 000 à 10 000
fois, tout en restant inférieur à celui des asiatiques.
Dans le cas
de la prise de compléments alimentaires, l’apport peut être aussi
important qu’en Asie, il pourrait tendre à le dépasser.
Consommation de phyto-oestrogènes et interférence avec le système hormonal :
Cette consommation ne peut être considérée anodine à priori, car les phyto-oestrogènes interfèrent avec le système hormonal.
Il a pu être estimé que :
-
L’apport de 1mg/kg de poids corporel/j d’isoflavones aglycones (soit
60mg pour un individu pesant 60kg) ne présente pas de risque pour la
population générale.
- Des précautions particulières doivent être prises chez certains consommateurs :
pour
les nourrissons et les jeunes enfants consommant des préparations à
base de protéines de soja, il est recommandé de limiter l’apport en
phyto-oestrogènes à 1mg/L de préparation reconstituée. De même, il faut
veiller à limiter l’exposition in utero et néo-natale ; les personnes
présentant
un cancer du sein ou des antécédents personnels ou dans leur famille
devraient limiter leur apport en phyto-oestrogènes.De plus, ainsi que
cela a été montré chez l’enfant, la onsommation de phyto-oestrogènes
peut augmenter les besoins en hormones thyroïdiennes chezles patients
hypothyroïdiens traités.
Des études de sécurité réalisées selon les bonnes pratiques devraient être menées pour compléter ces conclusions.
En comparaison aux effets associés au traitement hormonal substitutif de la ménopause (THS) :
- Les études concernant les phyto-oestrogènes ne permettent pas à ce jour
d’établir un effet des phyto-oestrogènes sur les bouffées de chaleur.
-
Les isoflavones pourraient avoir un effet limité sur l’ostéoporose et
la perte des fonctions cognitives. Cependant, ces effets nécessitent
d’être confirmés par des études cliniques bien menées.
- Les données
disponibles à ce jour montrent que les phyto-oestrogènes ne sont pas
associés à une augmentation du risque de cancer du sein chez la femme.
Chez
les asiatiques, ce risque est diminué. Mais les différences importantes
qui existent entre asiatiques et occidentales, excluent la possibilité
d’une transposition des effets.
Au vu de ces données, d’autres
études réalisées avec une méthodologie adéquate doivent venir compléter
l’ensemble des données disponibles, et les phyto-oestrogènes doivent
encore rigoureusement prouver leur place dans la prévention ou la prise
en charge des troubles liés à la ménopause.
Effets sur le plan cardio-vasculaire :
Les
isoflavones aglycones de soja ont un effet bénéfique sur le tonus des
vaisseaux sanguins(vasotonicité) à partir de 45mg/j mais des effets
délétères pourraient se produire à partir de 73mg/j d’isoflavones de
soja.
Recommandations en terme de recherche :
L’Afssa a souligné les faits suivants :
Les
techniques analytiques devraient être standardisées ; L’importance de
compléter les données concernant les apports et les tables de
composition, notamment en ce qui concerne les lignanes, les notions
relatives à la biodisponibilité (en particulier de l’équol) devraient
être précisées ; l’intérêt
d’approfondir les connaissances
concernant : les cancers autres que le cancer du sein, ainsi que les
effets des lignanes sur ces pathologies, les fonctions cognitives, les
effets des lignanes sur diverses pathologies et notamment sur le
syndrome métabolique.
Recommandations en terme de santé publique :
Il apparaît nécessaire :
- d’assurer un contrôle du niveau de consommation des aliments contributeurs de phyto-oestrogènes
- de différencier consommation modérée équilibrée de soja et prise de compléments
-
de prendre en compte des groupes de population à risque (NB : voir
supra Consommation de phyto-oestrogènes et interférence avec le système
hormonal.)
Recommandations en terme d’information du consommateur :
Il
devrait exister un étiquetage pour les phyto-oestrogènes qui soit
informatif et exprime un contenu en aglycones, étant donné la notion de
limite à respecter et les groupes de population à risque.
Aussi il est recommandé que les produits alimentaires contenant des phyto-oestrogènes soient étiquetés comme suit :
Aliments à base de soja (tonyu, miso, tofu, « yaourts » et desserts au soja) :
Contient
Xmg d’isoflavones (famille des phyto-oestrogènes). A consommer avec
modération (limiter la consommation quotidienne à 1mg/kg poids
corporel). Déconseillé aux enfants de moins de trois ans.
Compléments alimentaires (phyto-oestrogènes purs ou extraits de plante en contenant) et aliments enrichis :
Contient Xmg de (molécule(s) concernée(s))* (famille des phyto-oestrogènes.)
Ne
pas dépasser 1mg/kg poids corporel et par jour. Déconseillé aux femmes
ayant des antécédents personnels ou familiaux de cancer du sein.
Parlez-en avec votre médecin.
*isoflavones et/ou isoflavanes et/ou coumestanes et/ou flavanones et/ou chalcones et/ou entérolignanes.
Ouvrages
SERALINI Gilles Eric, Ces OGM qui changent le monde
Edition champs flammarion octobre 2004.
DESCLEE DE MAREDSOUS Aliette, Explique-moi les OGM
Nane Editions.
Extrait de la lettre d'information juridique et scientifique sur les compléments alimentaires. Avril-Mai 2005. Pour vous abonner à la lettre au format papier, écrivez-moi !



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