Mais qu’y a t-il dans un fard bio ?
Comme tout fard, les Touches de Lumière concentrent des agents de charge, des agents de texture, des pigments et éventuellement des nacres. Les agents de charge (talc, mica, amidon de maïs bio, ...) sont nécessaires pour conférer au produit une douceur et un glissant à l’application. Les agents de texture apportent de la couvrance et une bonne accroche sur la peau. La silice, quand à elle, permet d’absorber le sébum. d’où viennent les couleurs ? Si les pigments peuvent être d’origine végétale, il est plus courant d’utiliser des pigments minéraux. L’oxyde de fer par exemple permet d’obtenir le rouge, le jaune et le noir. Les laboratoires PHYT’S s’interdisent l’utilisation de pigments d’origine animale à l’instar du célèbre carmin de cochenille permettant d’obtenir un rouge exceptionnel. Les équipes de recherche et développement sont pénalisées par le faible nombre de pigments autorisés. en effet, si cent cinquante trois colorants et pigments sont listés en annexe iV du règlement européen de la Cosmétique, seulement une vingtaine d’entre- eux sont susceptibles d'être validés par les référentiels français de la cosmétique bio.
Si l’on peut à ce jour décliner une jolie palette de couleurs pour un maquillage jour , les couleurs pétaradantes ne seront pas tout de suite au rendez-vous. du point de vue de la texture, les Touches de Lumière n’ont rien à envier à leurs semblables en version classique. Comme le souligne nadine Fabrega, directrice Scientifique de la r. & d. des Laboratoires PHYT’S : « Les préjugés sur les produits bios tendent à disparaître. en plein essor, l’industrie cosmétique oeuvre au quotidien pour aller vers une cosmétique active de qualité qui soit agréable de texture et d’odeur. »
Depuis quelques années, la cosmétique bio compte son lot d’adeptes, de sceptiques et de consommateurs perdus... Le maquillage bio a émergé au début du millénaire faisant écho aux préoccupations écologiques et s’inscrivant dans une démarche de consommation responsable. Ce marché connaît aujourd’hui un tel engouement qu’un grand nombre de marques proposent désormais une alternative bio au sein de leurs gammes, pendant que d’autres commencent à se pencher sur le sujet en « toilettant » leurs formules. Le consommateur, quant à lui, dispose de repères fiables grâce à la charte COSMEBIO et bientôt au label COSMOS, futur label européen de référence. MUP a rencontré l’équipe des laboratoires PHYT’S qui œuvre actuellement au développement d’une gamme de maquillage déjà bien étoffée.
Pionnier dans la cosmétique bio, PHYT’S s’est montré un partenaire actif dans la création du label COSMeBiO. Créé en 2002 par une association de fabricants et de laboratoires, ce label prône autant la qualité biologique qu’écologique du cosmétique. Les produits cosmétiques de label COSMeBiO sont contrôlés par deux organismes certificateurs sous tutelle de l’État : ecocert et Qualité France. Fort de son succès et de son exigence, COSMeBiO compte aujourd’hui près de trois cents adhérents contre dix à sa création. Cependant, la plupart des marques ne proposent au sein d’une même gamme que quelques produits certifiés bio. Les gammes 100% restent de rares exceptions. Très prochainement, un label unique va être lancé réunissant ainsi l’ensemble des fabricants et des laboratoires européens. devant la nécessité d’un label européen, Thierry Logre, Président des Laboratoires PHYT’S, tient à faire entendre que « Le label COSMeBiO est à ce jour le label le plus exigeant au monde. il présente un référentiel rigoureux avec des obligations sans cesse réactualisées. La qualité et la précision du cahier des charges COSMOS ne sera jamais inférieur à celui de COSMeBiO. » La nouvelle charte COSMOS imposera un minimum de 20% des ingrédients issus de l’agriculture biologique au lieu de 10% actuellement chez COSMeBiO.
Quoi ? Seulement 10 % issus de l’agriculture bio !
On ne peut absolument pas comparer la teneur en ingrédients bio d’un produit alimentaire et d’un produit cosmétique. dans la composition d’un cosmétique, l’eau, très présente, ne peut pas être certifiable bio car il s’agit d’une ressource naturelle. nadine Fabrega nous explique comment quelques fabricants augmentent artificiellement le taux d’ingrédients bio dans les cosmétiques. La recette est simple : « l’eau peut-être remplacée par un hydrolat ou une eau florale, considérés comme ingrédients bio. L’hydrolat est produit lors de la fabrication des huiles essentielles, mais rend l’odeur du cosmétique moins agréable. Par ailleurs, le produit devient plus difficile à formuler au niveau microbiologique nécessitant ainsi l’utilisation de conservateurs autorisés. Les textures présentant un fort taux d’hydrolat sont également moins séduisantes. »
Thierry Logre rappelle que l’essentiel est de répondre aux besoins et aux attentes des clients. «Le bio, c’est un débat secondaire» nous dit-il avant d'ajouter : «le produit se doit avant tout d’être séducteur de par sa texture, son odeur, et efficace dans sa formulation. il répond à des besoins spécifiques et cela passe avant même son statut bio. nous sommes une marque de cosmétiques comme les autres, distribuée sur un circuit sélectif. nous nous devons d’être efficaces et de procurer du plaisir au consommateur .» Le bio a donc quitté un marché de niche pour s’imposer aux circuits traditionnels comme une « cerise sur le gâteau.»
Installés à Caillac dans le Lot, les laboratoires PHYT’S maîtrisent la totalité du process de fabrication en faisant le choix de ne rien sous- traiter. Depuis le choix des matières premières jusqu’au conditionnement en passant par les divers procédés de fabrication d’un produit : tout est pensé écolo. Thierry Logre souligne que PHYT’S a été le premier fabricant à proposer un rouge à lèvres bio. L’innovation ne s’arrête pas ici puisque le tube de ce même rouge à lèvres est bio-dégradable ! La charte COSMeBiO impose bien évidement des emballages 100% recyclables. Côté impression et sérigraphie, les procédés répondent aux exigences de l’éco- label «imprim’vert» qui interdit l’usage de solvants et d’encres à base de métaux lourds.
Éco-responsables jusqu’au bout, on peut saluer la démarche cohérente et globale de PHYT’S. La gamme PHYT’S OrganiC MaKe-uP va s’élargir. nous attendons avec impatience les fards à paupières compacts et les poudres libres qui seront présentés dans MuP à l’automne.
Les équipes de recherche et développement auront quelques beaux défis à surmonter dans les années à venir . il semble aujourd’hui difficile de remplacer certains ingrédients très présents dans les cosmétiques tels que le silicone dont la molécule est la moins biodégradable au monde ou les solvants chimiques des vernis à ongles.
Le maquillage bio, en développement constant, trouve toute sa légitimité en institut et offre des résultats largement satisfaisants pour une mise en beauté de la cliente. La démarche, louable et respectable, permet de prendre soin de soi, des autres et de la planète. La cosmétique traditionnelle offre bien entendu également toute les garanties de sécurité et de qualité car la réglementation qui encadre la fabrication reste exigeante. Pas de panique car la FeBea, Fédération des entreprises de la beauté, rappelle que « depuis plus de 30 ans, aucun produit cosmétique n’a été mis en cause dans un quelconque problème sanitaire.» Le principal avantage du maquillage bio est de minimiser l’utilisation de substances chimiques déjà trop souvent présentes dans notre vie quotidienne.

















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