Nettoyants moussants, gommages à grains, microdermabrasions, crèmes à
base d'acides... La tendance est au décapage et nous risquons d'y
laisser notre peau. Tour d'horizon des astuces pour la nettoyer tout en
douceur et sans l'abîmer :
De mauvaises habitudes
La manie
de la « grattouille » nous chatouille de plus en plus ! Pas un mois
sans un nouveau kit peeling, une crème décapante pour le corps, des
lingettes ou disques nettoyants qui griffent la surface cutanée...
Notre peau est poncée, récurée, étrillée. Une mode venue tout droit des
Etats-Unis, où sévissent l'obsession de l'hygiène et le fantasme d'un
monde aseptisé. Résultat : le film hydrolipidique, qui protège
naturellement notre peau, s'altère et l'épiderme ne peut plus assurer
correctement sa fonction de barrière. Cette mise à nu outrancière rend
les peaux de plus en plus sensibles.
En effet, quand on la « déshabille » avec des agents agressifs qui
enlèvent ses lipides protecteurs, la peau devient perméable : les
irritants et les polluants pénètrent plus facilement et affaiblissent à
leur tour ses défenses naturelles.
A la surface de notre peau, il y a de « bonnes » et de « mauvaises »
bactéries. Les premières (flore résidante) nous défendent contre les
secondes (flore occasionnelle, composée de germes pathogènes, source
d'infections). La flore résidante de la peau renforce aussi la
protection de l'organisme en stimulant le système immunitaire. Elle
sécrète des substances capables d'inhiber la croissance des germes
occasionnels, et même de les tuer, comme une sorte d'antibiotique
naturel . Les bactéries, c'est
aussi la vie ! Une bonne hygiène consiste donc à maintenir un milieu
propre, mais pas aseptisé. Et la qualité majeure d'un bon produit de
nettoyage du corps ou du visage est de respecter au mieux cet équilibre
bactérien.
Le respect de
l'écosystème cutané du visage est à la base de tout, explique Joëlle
Ciocco, créatrice de l'"épidermologie" (un savoir-faire basé sur
l'observation de la peau et la compréhension de son écosystème).
Ce qui le perturbe le plus ? Les tensioactifs, l'abondance de
cosmétiques et le comportement, aussi important que le choix du produit
: gestuelle inflammatoire – tous les frottements –, mains sales sur le
visage, tripotages en tous genres...
Attention aux tensioactifs
Les tensioactifs sont des émulsifiants qui ont autant d'affinités avec
l'eau qu'avec l'huile et permettent de dissoudre impuretés, sébum,
sueur, maquillage... On les retrouve dans les produits qui moussent
beaucoup (shampoings, gels douche, mousses nettoyantes pour le
visage...), mais aussi dans les eaux démaquillantes, ainsi que dans les
solutions micellaires ou formulées pour les peaux sensibles. Ces
tensioactifs forment une grande famille – on en compte plus de cinq
mille – et, s'il y en a de plus doux et de mieux tolérés que d'autres,
ils « dégraissent » tous la peau et altèrent sa fonction de barrière.
C'est pourquoi il vaut mieux les réserver au corps, le visage ayant une
peau plus fine et plus sensible (y compris les peaux grasses ou
acnéiques : décapées, elles se vengeront par un surgraissage
réactionnel).
Les cosmétiques bio ?
Les cosmétiques bio, de par leur composition, sont généralement plus doux pour la peau : du fait des composants eux mêmes naturels, mais aussi de l'approche des laboratoires visant une harmonie à long terme avec le corps et la nature, plutôt qu'un confort optimal à l'application (mousse, odeur et douceur au toucher).
La main légère sur les gommages
Tout ce qui affine la couche cornée doit être effectué avec douceur et
précaution. Les personnes qui ont une peau sensible éviteront les kits
peeling (microdermabrasion). Les autres n'en abuseront pas : pas plus
de quatre par an, aux changements de saison. Idem pour les produits
contenant des acides de fruits ou du rétinol, et les produits
antitaches ou qui éclaircissent. Si la peau les supporte bien, on peut
les utiliser en cure, mais à condition de suspendre leur application
durant les expositions solaires.
Attention également à la fréquence des gommages du visage : une fois
par semaine si la peau est solide, seulement une fois par mois si elle
est fine et fragile.
Pour le corps, un gommage hebdomadaire
suffit. Les gels douche exfoliants, qui contiennent moins de grains,
peuvent être utilisés deux à trois fois par semaine. Sans trop gommer !
Sinon, la peau va se défendre en produisant davantage de cellules
mortes et en devenant plus épaisse.
Des gestes tendres
En lien étroit avec notre cerveau limbique, siège de nos émotions, la
peau est très sensible à notre état psychique. Elle réagit très vite
aux bienfaits qu'on lui prodigue... comme aux gestes bâclés, exécutés à
la va-vite et sans conscience. Notre meilleur outil ? Nos mains.
Associons-les pleinement à tous nos rituels de beauté. En appliquant,
par exemple, notre lait démaquillant à pleines mains, après les avoir
lavées. On en profite, à cette occasion, pour se masser le visage. Plus
la gestuelle sera empreinte de respect, de douceur et de bienveillance,
plus les tissus se décrisperont.
Les secrets d'une peau nette et respectée
Ne pas en faire trop : une douche par jour est suffisante, sauf, bien
sûr, si l'on a beaucoup transpiré. Privilégier les gels douche au pH
physiologique de 5,5 plutôt que neutre, ou les
tensioactifs moins moussants des nettoyants bio qui proviennent
d'huiles végétales ou de sucres. Au gant de crin,
trop agressif, préférer le luffa, une liane d'Afrique et d'Asie dont la
pulpe fibreuse desséchée constitue une éponge végétale exfoliante. Un
produit d'hygiène intime n'est utile qu'en cas d'irritation ou de
dermatose. Sinon, une toilette avec un nettoyant doux suffit.

Sur le visage, les lingettes et les eaux démaquillantes ne sont pas
assez onctueuses et augmentent le risque d'irritation, du fait des
passages répétés du coton. Mieux vaut privilégier les laits, les crèmes
ou les huiles démaquillantes. Et ensuite bien rincer la peau à l'eau du
robinet, pour éliminer tous les produits contenant des tensioactifs,
même lorsqu'il est spécifié « sans rinçage ». Sur une peau normale,
l'eau du robinet ne pose pas de problème, à condition de se sécher
soigneusement, sans frotter, en tamponnant. En revanche, elle doit être
évitée sur une peau réactive, en raison de sa teneur en calcaire. Mieux
vaut, dans ce cas, utiliser une eau thermale. Quant aux soins du visage
en institut, quatre par an sont suffisants : il faut une semaine à la
peau pour se remettre d'une extraction de comédons et d'un excès de
manipulations.
Bien évidemment, il
faut se laver les mains avant de toucher son visage et après chaque
passage aux toilettes. Les mains devraient être savonnées pendant
trente secondes, mais un savonnage de quinze secondes réduit déjà de
moitié la flore occasionnelle. A fuir : les savons accrochés au mur,
sur lesquels tous les germes se déposent... et les ongles artificiels,
véritables nids à microbes.
Source : Msn femmes
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